L’ouverture du paysage audiovisuel tunisien

Aujourd’hui, le paysage audiovisuel tunisien s’est enrichi de quelques chaînes privées dont le nombre oscille entre 7 et 12, en fonction des règles, de l’humeur disent ses détracteurs, posées par la structure chargée de régir le secteur (la Haica), l’équivalent de la CSA en France.

Ce fut d‘abord les chaînes ‘’Hannibal’’, ‘’El Hiwar’’, ‘’Nessma TV’’puis ‘’ Ettounssia’’, et ensuite, après la Révolution,  ‘’Ezzitouna’’, ‘’El Jandoubiya’’, ‘’ Tounisna’’, ‘’Telvza TV’’, ‘’El Moutawassat’’, ‘’TNN’’, ‘’First TV’’ et peut-être d’autres dont quelques-unes doivent encore régulariser leur situation.

La radio n’est pas restée en reste et plusieurs stations, essentiellement régionales, fondées par des particuliers, ont vu le jour depuis la Révolution et leur nombre continue de croître.

Sans atteindre les sommets, la qualité technique des programmes, notamment ceux des deux chaînes publiques, s’est améliorée ainsi que leur teneur. On crée, on achète, on reprend, on réadapte…

Bien entendu, la télévision ne présente pas que des émissions à caractère culturel ou éducatif mais aussi des émissions — en direct (‘’live‘’) ou enregistrées — sportives, religieuses, politiques, d’informations, de jeux, d’animation, de variétés, des ‘’talk-shows’’, des documentaires et des reportages de toute nature, des films, des fictions, etc.

La solution, la finalité et l’objectif se confondent dans une même et unique alternative: réaliser des émissions qui retiennent et fidélisent les téléspectateurs. Les voies pour ce faire sont claires : soit se spécialiser dans un secteur : le sport avec ses diverses activités comme aux Etats-Unis, l’information, les variétés, la musique avec tous ses genres, l’histoire, la géographie, la cuisine, les affaires judiciaires, etc. Soit, faute de moyens et surtout faute de ‘’marché’’ assez large pour assurer une audience rentable, comme en Tunisie, devenir une chaîne généraliste qui, comme son nom l’indique, présente des programmes de tous genres susceptibles d’être suivis par l’ensemble de la population et le téléspectateur ’’moyen’’ dans le sens de ‘’commun’’ sans risque d’exclure quiconque. Mais le problème n’est pas résolu pour autant.

Dans le monde du luxe (bijouterie, haute couture, arts), il faut beaucoup d’argent pour réaliser de belles œuvres et encore  moins des chefs-d’œuvre, sauf cas exceptionnel. Cela est encore plus vrai dans le monde de la télévision qui se rapproche de celui du cinéma, grand vorace d’argent frais. Hélas, dans notre pays, la culture ne figure plus, comme au début de l’Indépendance, parmi les priorités, après l’éducation, de l’Etat si tant est que la TV peut être considérée comme un outil de véhiculer et promouvoir la culture ou, soyons francs, un moyen pour les chaînes privées, loin d’être des sociétés de bienfaisance ou de bénévolat, de se ‘’sucrer’’ sur le dos des téléspectateurs et au nom de la culture. Le mécénat et le sponsoring ne sont pas légion en Tunisie.

Aujourd’hui, à part quelques rares grosses sociétés qui veuillent bien subventionner des manifestations ponctuelles ou, fait encore plus rare, quelques concours ou des prix destinés aux lauréats de ces concours, on ne peut que constater et regretter l’absence de prise en charge, fût-elle partielle, de la création artistique dans notre pays.

Reste à résoudre l’équation principale : où trouver les moyens  pour réaliser des émissions captivantes et existe-t-il des critères pour retenir le plus de téléspectateurs ?

Si la réponse à la première question réside dans la recherche de l’argent nécessaire qui, en l’absence de fonds propres, ne se trouve que chez ceux qui ont en : les sociétés commerciales et les banques et en particulier les plus grosses d’entre elles qui ont besoin de faire connaître leurs gammes de produits ou de services pour améliorer leur rentabilité et qui, pour ce faire,  ont recours à une vaste publicité  sur les multiples moyens de ‘’com’’, les médias et en particulier la télévision qui reste le meilleur moyen d’arriver à la clientèle cible en pénétrant sans crier gare dans les foyers et partout où se rassemblent les gens, surtout les jeunes, pour suivre leurs émissions préférées, les cafés en Tunisie. A côté de la TV, il ne faut pas oublier l’internet qui  a commencé à la concurrencer et à  s’imposer comme outil de publicité et même de vente à distance.

Quant aux critères ou paramètres pour boucler une émission capable d’attirer le public, ne  cherchez pas à dresser une liste : tout est permis et souvent au détriment de la qualité.

En vérité, les deux questions sont intimement liées : pour réaliser de bonnes émissions, il faut la plupart du temps un gros budget et de gros moyens techniques. L’inverse est aussi vrai : avec de grosses possibilités, on a plus de chances de faire des programmes intéressants. Les deux faces d’une même pièce.

 

 

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